Nous, électeurs de gauche, initiateurs du texte « l’union, il est temps », participons ou avons participé à différents collectifs existants et nous voyons se nouer les logiques mortifères qui conduisent à la division des électeurs de gauche, solidaires, écologistes aux prochaines élections municipales à Marseille. 

La situation est très alarmante, les éléments partiels du rapport de la Cours régionale des comptes en font état. Il semble insupportable que l’équipe en place puisse rester. Nous savons, depuis le 5 novembre 2018 que ce sont des criminels. La pauvreté, les inégalités, la pollution sont le triste bilan de cette municipalité. L’enjeu de ces municipales est primordial. L’urgence impose des femmes et des hommes à la hauteur de la situation.L’urgence impose l’unité.

Plus de 750 signataires ont rejoint cet appel, diffusé en moins d’une semaine, seulement par le bouche à oreille. 

Nous allons mener jusqu’au bout une campagne pour l’union et nous contribuerons à démontrer les convergences programmatiques entre les différentes listes potentielles de gauche. 

Si vous partagez notre sentiment d’urgence, vous pouvez participer à notre campagne en signant et faisant signer le texte https://urgence-marseille-2020.fr

Le texte de l’appel 

Hé la gauche marseillaise, tu fais quoi là ? Tu t’es divisée ? Crois-tu que tes amis sont pires que tes ennemis ?! Tu feras quoi le lendemain du 22 mars 2020 ? Tu pleureras. Les larmes ont pourtant trop coulé. Vas-tu encore regarder notre ville s’écrouler ?
Hé, toi, la gauche marseillaise rend cette ville au peuple. Unis-toi ! Car, sinon, pourras-tu bien dormir dans 5 mois ?

Le 5 novembre 2018, huit personnes trouvent la mort dans l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne, entraînant le délogement de plus de 3 500 personnes. Et, ce serait la faute de la pluie ?

Cette catastrophe annoncée par des expertises et des saisines du Tribunal administratif est la conséquence d’un système : incurie, affairisme, clientélisme. Le tout au détriment des plus pauvres.

Des milliers de Marseillais·es descendaient alors dans la rue aux cris de « Gaudin assassin ! Gaudin démission !» La colère, la révolte, l’émotion créées par ce drame en plein centre-ville de Marseille avaient désigné les responsables. Le fatalisme des Marseillais·es venait de se transformer en détermination. L’habitude en honte.

Un an après, tous les élus, du Maire à ses adjoints – y compris ceux qui louaient des logements insalubres – sont restés en place. Personne n’a démissionné. Personne n’est venu les déloger. La honte reste.

À l’aune des Municipales, Martine Vassal et Bruno Gilles, les héritiers, semblent déjà sortis de la rue d’Aubagne. Le Rassemblement national s’en empare à des fins électoralistes et démontre sa stratégie majoritaire dont la menace est réelle. Quant aux supplétifs de Macron, ils sauront trouver leur place le moment venu.

Plus grave pour nous, électeurs de gauche, la détermination des Marseillais·es ne semble pas empêcher les querelles de chapelles. Il est plus qu’urgent de comprendre l’enjeu majeur d’une liste unique pour une alternative de gauche à la tête de la ville.

Tous les tenants de la gauche qui veulent sortir la ville des mains des profiteurs et des spéculateurs pour la rendre à son peuple, doivent trouver le chemin de l’union pour créer une dynamique et gagner l’élection.

Nos différences sont moins fortes que ce qui nous rassemble. Mais, alors que notre ville s’enfonce dans une crise toujours plus forte, chacun semble tétanisé, trop occupé à compter ses forces ou à délimiter son périmètre.

Il n’est pas trop tard pour lancer une contre-offensive progressiste.

Les Marseillais·es ont surtout besoin que cette ville change de majorité et ce, autour d’un projet cohérent et ambitieux, à la hauteur  social, démocratique et écologiste.

L’ouverture du cadre politique, permettant à des gens d’horizons divers de faire campagne ensemble, est un atout essentiel et une garantie du respect des promesses électorales.

Les mobilisations citoyennes peuvent, sans être institutionnalisées, trouver leur place dans un dialogue où élus et militants sont au coude-à-coude dans la rue et côte-à-côte autour d’une table pour travailler. Marseille a besoin d’élu·e·s-militant·e·s. Et Marseille a besoin d’élu·e·s qui lui ressemblent.

En mars 2020, la victoire d’une équipe progressiste et volontaire pour en finir avec 25 ans de politique néolibérale d’abandon est possible. Et nous, électeurs de gauche, nous la voulons ! Les mobilisations populaires de cette ville, leurs énergies, leurs engagements, leurs compétences ne peuvent pas être gâchés, découragés par des atermoiements politiciens.

Nous appelons à l’union tous les mouvements – EELV, Printemps marseillais, Pacte démocratique – pour, ensemble, gagner la ville.

La gauche existera-t-elle encore, en mars 2020, si elle rate cette occasion ?

À 4 mois de l’élection, nous élec·trice·teur·s de gauche, refusons les raisons qui conduisent à la désunion. Nous, électeurs de gauche, nous ne nous résignons pas.

Face à l’urgence, l’union, il est temps.

Communiqué – mardi 12 novembre 2019